Je suis une femme active avec des responsabilités professionnelles, mère de trois enfants … Cible idéale des « markéteurs » de tous poils vendant de la cuisine prête à manger : JE RESISTE !!! Je lave ma salade, voire davantage : je vais la ramasser dans mon potager de banlieue… J’épluche mes légumes… Et  je cuisine tous les jours avec plaisir. Non ! je ne suis pas une extra- terrestre, j’aime  faire cela et j’éprouve un réel plaisir à choisir mes ingrédients et à les cuisiner.

Franco-suédoise d’Afrique du Nord (mère française d’Algérie, père suédois du Maroc)  avec du sang italien, irlandais et espagnol, j’ai d’abord exploré l’univers culinaire de mes origines.  Puis j’ai été  attirée par  d’autres univers  plus lointains  avec les saveurs indiennes et asiatiques et j’y suis restée, ces influences sont fortement présentes dans mes recettes..

De la cuisine Française, j’ai  retenu la diversité des produits de base. Nous avons la chance d’avoir un très grand choix de viandes, de poissons,  de fruits, de légumes, de produits laitiers .. Et, par ailleurs, de multiples possibilités  de mode de cuisson.  Cette diversité est fortement liée aux saisons dont dépendent nos besoins alimentaires et nos envies.

En France, nous avons très fortement la notion de terroir. Mon terroir culinaire me vient de ma grand-mère qui vivait au rythme des repas, elle passait des heures derrière les fourneaux et n’avait pas son pareil pour  concocter des bons petits plats les produits du Périgord dont elle était originaire. Avec tous mes cousins nous avons des souvenirs émus de ses soupes, sa Mique, sa brandade et ses merveilles.

La Suède n’est pas particulièrement réputée pour sa cuisine. C’est pourtant mon pays natal dans lequel je n’ai que très peu vécu mais où je suis allée régulièrement pour fêter Noël, occasion spéciale où manger est l’activité principale et j’ai appris à apprécier des goûts différents, les poissons sucrés, la réglisse salée. De cette cuisine, je conserve l’aneth, les poissons gras de la mer Baltique, les épices qui réchauffent comme le clou de girofle, le poivre de la Jamaïque ou la cannelle.

De l’Algérie et du Maroc, je retiens les épices (la cannelle et le cumin), les herbes (la coriandre et la menthe), les légumes du soleil (tomates, aubergines, poivrons). J’apprécie aussi la cuisson, longue et mijotée des tagines, la fraîcheur des entrées à base de légumes cuits et bien sûr le goût très sucré des pâtisseries et du thé à la menthe. Les recettes d’Afrique du nord me viennent de ma mère, sa chouchouca et sa salade d’ail aux poivrons rouges ont le parfum de l’enfance. Coté sucré, la fleur d’oranger reste un de mes composants favori dans les desserts, elle apporte une touche de soleil à une salade de fruits ou à des crêpes.

Je me sens chez moi en Espagne, j’aime la charcuterie (le jamon de Jabugo et le chorizo), le gaspacho est un des must de mes repas d’été avec toutes les variantes que l‘on peut en faire. Je ne sais pas faire une omelette autrement que de la tortilla. Je raffole des poissons de méditerranée, les rougets de roches et les petits pageots. Je me damnerais pour des petites « enseimadas » de Valence et le touron est un vrai délice avec le café.

La cuisine Italienne, je l’ai rencontré plus tard grâce à des amis belges qui avaient vécut quelques années en Italie et en avaient dompté les ingrédients. La tradition familiale avait été perdue chez nous, les origines italiennes n’étaient pas du coté des femmes. Cependant, ma rencontre avec l’Italie a été une révélation, j’ai appris d’autres méthodes pour préparer les légumes, l’art de choisir l’huile d’olive et de sublimer les salade avec un bon vinaigre Balsamique. J’aime aussi la puissance et le goût des fromages du parmesan à la mozzarella di Buffalo, avec le basilic herbe reine chez les italiens. Ils ont su importer les recettes dans le monde entier et je me suis inspiré de leur carpaccio, tiramisu, saltimbocca et de leur semifreddo pour des recettes dans ce blog.

J’ai aussi découvert les desserts italiens qui sont plus simple à faire que nos choux à la crème et ils m’ont beaucoup inspiré pour ce blog.

Ma grand-mère paternelle était d’origine irlandaise mais elle ne savait cuisiner que très peu de choses, son cake aux fruits confis était très bon. Pourtant, elle aimait manger et savait évoquer les mets de son enfance. Mon père lui a vécu en Angleterre pendant ses études et achète souvent des petits gâteaux anglais. J’ai découvert de moi-même le plaisir de faire des crumbles à tous les fruits et toutes les céréales.  Paradoxalement, l’Angleterre avec sa réputation désastreuse en la matière qui nous intéresse a été l’inspiratrice d’une composante essentielle de ce blog : la couleur. Les anglais n’ont pas leur pareil pour bien présenter les choses et ils adorent les couleurs franches. Les pommes sont vertes, les fraises sont rouges et peu importe le goût le plaisir est visuel.

Je me suis mise à la cuisine indienne quand j’étais étudiante je pouvais faire des dîners qui en jettent pour pas cher, des currys, des chetneys, du riz et le tour est joué. Je continue à régulièrement utiliser les épices indiennes et notamment les pâtes de curry que l’on trouve chez les hindous (à Paris j’en trouve une très grande variété dans le passage Bradi) et qui permettent de sublimer toutes les viandes très rapidement en ajoutant du concentré de tomates ou du lait de coco.

La cuisine asiatique est arrivé plus récemment dans ma cuisine et y tient une grande place en ce moment d’autant plus que je reviens d’un voyage enchanteur au Vietnam. Le soja, le gingembre, la citronnelle, l’huile de sésame, la civette réveillent tous les plats. Penser à ces ingrédients pour les sauces de salades.

Je suis aussi une rebelle, j’ai beaucoup de mal à suivre une recette. Pour les plats salés ce n’est pas trop gênant, c’est la saveur qui compte et avec les petits principes de Dahl je m’en sort très bien , je sens les aliments et j’arrive facilement à les marier.

Pour les desserts, c’est plus souvent une histoire d’alchimie ou l’approximation n’a pas sa place. Je m’en sort en cuisinant les fruits comme les légumes ou en détournant des recettes salées en sucrées. Du coup je pratique la même astuce et je me suis amusée à adapter des recettes sucrées en salées.

La Cuisine est donc pour moi une histoire familiale, le goût vient de l’enfance et s’est enrichi au fur et à mesure de mes voyages, lectures et dégustations chez des amis ou au restaurant. Ma mère a été l’initiatrice et m’a appris jeune ses tours de mains, l’héritage paternel vient plus du plaisir de la dégustation que de la réalisation, mon père a toujours orchestré les repas. Il nous a fait faire de nombreux détours pour manger dans certains restaurants. Il nous a donné la curiosité de la cuisine des autres pays, il a vécu au Maroc, en Angleterre, en Suède et en France et ses souvenirs sont souvent liés à des mets, qu’il nous a fait apprécier.

J’ai glané des tours de mains, des idées et une bonne connaissance des produits avec mes parents, grands-parents, mais aussi avec ma famille de Suède, des amis belges qui avaient vécu en Italie et puis en essayant, voir en osant des mélanges bizarres. Et c’est là que la famille intervient de nouveau, ils sont mes cobayes et je n’ai pas que des succès en cuisine !!!